jeudi 13 mars 2014

Les femmes et les enfants d'abord...

Statut: ...et les hommes dans tout ça?

Parfois je me demande ce que c'est que d'être un jeune homme de 25 ans maintenant.

A quoi pense-t-il?
Comment se positionne-t-il?
Quelles sont ses ambitions?
Quelles sont ses peurs?

Et surtout que pense-t-il des femmes?
Comment conçoit-il son rapport à elles?

Il est logé dans une époque "marcher sur des coquilles d'oeufs".
La cause féminine est portée aux nues.
Tout le temps. Nous sommes protégées.
Même s'il y a toujours des oppressions, des inégalités,
Nous savons que nous pouvons faire valoir des droits,
Nous savons qu'il y aura des gens pour nous supporter,
Signer nos pétitions et cracher à la gueule du premier malotru venu.

En 2014, la jeune femme peut (dans l'idéal et dans un pays ouvert d'esprit) :
- Trouver du travail.
- Subvenir à ses besoins.
- Avoir un gode et se masturber.
- Avoir un enfant et s'en occuper.
- Gérer trois vies en une.
- Monter des meubles et déménager.
- Regarder des pornos et assumer.
- S'habiller comme elle veut.
- Monter au créneau

Et le jeune homme que fait-il dans tout ça? Où est sa place?
Peut-il encore venir tel qu'il est? Se sent-il libre?
Porte-t-il sur ses épaules le poids des maladresses des hommes d'avant?
Souffre-t-il d'être dans le colimateur parce que des siècles de patriarcat nous ont mises
Sur les nerfs et le qui-vive?

Parce que je me mets une seconde à sa place.
- Pas de blague misogyne, sinon t'es qu'un con, un bâtard, un barbare.
- Pas de regard lubrique, sinon t'es qu'un con, un bâtard, un barbare.
- Pas de mots déplacés, sinon t'es qu'un con, un bâtard, un barbare.
- Pas de main au cul, sinon t'es qu'un con, un bâtard, un barbare.

Nous avons perdu en spontanéité.
La guerre des sexes est perpétuelle.
Et c'est bien dommage.

On fait comment pour que ça redevienne facile?
Pour qu'un regard appréciateur ne soit plus diabolisé?
Qu'une petite blague salace ne soit pas prise comme une agression?

Je suis pour la parité dans la mesure du possible.
Que l'homme et la femme se complètent et se relaient.
Qu'il soit aussi capable de changer une couche qu'elle de monter un meuble.
Qu'elle prenne les rennes pour la baise et qu'il n'ait pas peur de pleurer.
Comme une fine équipe bien rodée.

Mais je suis aussi pour sa liberté.
Sa liberté d'être et de ne pas être jugé.
De se laisser aller et porter.
De faire le con et de dire des bêtises.
Mais toujours, toujours teinté de respect.

Nous sommes assez fines pour faire la différence entre un gros bourrin,
Un salaud fini et juste un mec qui fait son macho au coeur tendre.

Aux jeunes hommes de 2014, je vous fais la déclaration suivante:
Respirez un bon coup et revenez parmi nous.
Dites-nous quand on déconne ou qu'on va trop loin.
Elevez la voix quand vous êtes en colère et que c'est justifié.
Prenez-nous avec nos droits et notre intelligence.
Si vous avez envie d'être des tendres, soyez-le!
Si vous avez envie d'être des romantiques, soyez-le!
Si vous avez envie d'être des machos, soyez-le!
Tant que vous nous respectez et que vous nous entendez.

Il y a encore des filles qui ne se prennent pas la tête.
Qui aiment la discussion et l'échange.
Qui sont bien dans leurs baskets et qui savent ce qu'elles veulent.
Elles ne sont ni dangereuses, ni vénales,
Elles peuvent boire une bière et hurler devant un match de foot.
Ou se vernir les petons en regardant Bridget Jones.
Ce sont les "Affranchies".
Affranchies des normes du genre.
N'ayez pas peur de leur caractère bien trempé,
De leurs ambitions et de leur verve.
A la fin de la journée, elles veulent quand même se blottir au creux de vos bras
Et vous confier leurs joies et peines, écouter les vôtres.
Elles voient en vous le compagnon, l'amant, le pote et l'amoureux.

Les hommes d'avant ont un petit message pour vous:
"Lisez des livres, lâchez vos consoles, soyez raffinés, y'a pas plus coquin qu'un littéraire,
mettez-vous au niveau".


Bienveillance et tendresse.
Cat.

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mardi 11 mars 2014

L'hégémonie du sexe glabre.

Statut : "Là où il y a du poil, il y a de la joie" Proverbe français.


Je suis fatiguée.

Fatiguée des :

- "Tu peux t'épiler pour que je te fasse un cunni?"

- "Ca va me faire débander si je vois ta chatte, tu peux garder ta culotte et on s'arrangera?"

- "Dommage que tu aies des poils..."


J'ai attendu toute mon adolescence pour que mes seins et mes poils poussent. Oui, mes POILS. Ca voulait dire pour moi que je quittais mon corps d'enfant nubile, pour ce corps de femme. Le poil n'a jamais été diabolisé d'où je viens. J'ai eu des modèles forts de femmes qui les arboraient sans gêne.

En mettant pied en France, j'ai senti les regards masculins lourds de dégoût. "Ah, t'es pas épilée?" avec la pointe de déception qui teintait leur voix. Et germait la culpabilité en moi. Celle de ne pas être aux normes de la jeune femme des années 2010. J'ai essayé de me conformer et ce sentiment de trahir mon corps et mes valeurs ne m'a pas quittée.

Est venu le temps où je n'ai plus voulu en démordre. J'ai décidé de les garder mes poils, ma petite toison d'amour. Parce que je m'aime comme ça, que je me sens belle comme ça et que je refuse ce foutu diktat. Un sexe poilu protège ta flore et préserve tes odeurs. On bascule tellement dans cet univers aseptisé, où on ne sait plus ce qu'est l'odeur d'une chatte ou d'une queue. Cette quête du "propre" enlève toute sensualité à la baise, on a peur de l'odeur, on se cache sous des parfums, des crèmes. On se fait disparaître sous des senteurs artificielles. Une douche avant, après, parfois pendant. L'hygéniénisme est par minou (hinhinhin).

Je suis fatiguée de devoir prévenir, d'être dans l'appréhension du regard de l'autre, d'avoir l'impression d'être repoussante ou moins désirable. Le naturel des corps, le naturel tout court que diantre. Nous voulons tout contrôler, nos métabolismes, nos cheveux, nos traits, TOUT. Pas une place pour le laisser-aller. Des émotions aux poils, tout est maîtrisé.

Mais je vous dis fuck, je viens telle que je suis, ça n'enlève rien à ma sensualité, à mes envies, mes fantasmes. Nous savons nous construire nos complexes seules comme des grandes, laissez-nous tranquilles.
Notre gros cul, nos vergetures, nos cheveux gras, nos bourrelets, notre peau d'orange, notre petit bidou, nos ongles pas faits, notre repousse de trois jours, nos seins qui tombent. On voit tout ça, on le sait.

Avec ou sans poils une femme reste belle, son corps est le sien et elle en fait ce qu'elle veut. Pesez vos mots et vos regards par pitié. Nous ne sommes qu'amour pour vous, pour vos micro-pénis, vos zizis tordus ou pas assez larges. Quand on vous aime, on vous prend tels que vous êtes. Faites-en autant.


Et aux hommes passés dans ma vie qui m'ont dit:

- " Je ne conçois pas un sexe de femme sans poils"

- " On s'en fout n'est-ce pas?"

- "Miiiiaaaam"

Vous n'avez pas été nombreux mais je garde un précieux souvenir de vous.

Bisous - Papillons - Licornes 

NDLR : Aux Mauriciens qui vont me lire, ceci est une oeuvre de fiction, je n'ai jamais consommé en dehors de l'institution sacrée du mariage. ( HAHAHAHA)





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"And I don't like bald pussy, I like wolf pussy"

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